Il y a des films qui vous touchent lorsque vous les voyez. Ces films qui possèdent une réalisation tellement bien faite que l'espace de 2H, des fois moins, vous oubliez totalement qui vous êtes pour pleinement ressentir le jeu des acteurs. Ceux qui me connaissent le mieux savent que malgré tous mes efforts pour m'isoler dans une bulle dès que je suis mal à l'aise, la plupart du temps cet isolement n'est qu'une façade que je m'efforce de maintenir afin de ne pas montrer mon état à mon entourage. Bref, lorsque j'ai vu pour la première fois "La Belle Histoire" de Claude Lelouche, j'ai découvert que d'une part ma bulle était loin d'être parfaite car ce film m'a énormément touché mais aussi qu'elle était facilement fissurable
car je n'ai pu m'empêcher de pleurer à la fin de celui-ci. J'ai aussi énormément été touché par la fin de "Subway" de Luc Besson, film peu connu comparé à ces autres œuvres mais qui mérite le détour. Rare cependant sont les films qui me touchent à ce point et en général je ne peux les voir trop souvent car j'ai toujours du mal à reprendre pied après les avoir vu.D'un
autre côté, il y a aussi des films que je pourrais voir tous les jours sans jamais me lasser. Ceux-ci sont, à l'inverse des premiers dont j'ai parlé, souvent des comédies. J'ai ainsi pu voir je ne sais pas combien de fois "Le Père Noël Est Une Ordure" de Jean-Marie Poiré, "La Cité De La Peur" des Nuls ou "Pourquoi Pas Moi" de Stephane Giusti entre autres. Ces trois films sont très différents, le premier étant une critique sociale, le second un enchainement de gag sans queue ni tête et le troisième portant sur la difficulté de faire son coming-out et la perception de l'homosex
ualité par la famille. Cependant, ils ont un point commun qui m'a toujours plu, ils sont ce que ma mère qualifierai de "léger", à savoir, pas prise de tête et uniquement fait pour nous détendre en passant un agréable moment. Je peux aussi parler d'un cours métrage que j'ai vu des centaines de fois la même année, "Un Bel Après-Midi D'Eté". Ce court métrage a été l'origine de l'incompréhension de beaucoup de mes amis face à
l'humour de ma sœur et moi. En effet, la première fois que les personnes le voient, il ne fait en général pas rire. Mais à partir de la seconde fois le fait de savoir ce qui va arriver renforce la puissance des dialogues et plus on le regarde plus dure il est de ne pas s'effondrer de rire. Rien que d'écrire ces lignes me fait marrer, c'est peu dire. Mais je m'égare, là n'est pas le sujet de cette note.
Je reprends donc sur les styles cinématographiques. Ces deux catégories de film sont entièrement opposées, cependant il en existe un petit nombre qui appartient pour moi aux deux catégories. Ces œuvres bien que je les connaisse par cœur me touche à chaque fois profondément et pourtant ce sont des œuvres qui m'attirent comme la lumière un papillon et dès que j'ai un coup de blues, je ne peux m'empêcher de les regarder. Pendant longtemps seul "Love Story" de Arthur Hiller appartenait à cette catégorie. J'ai ainsi entre mes 15 et mes 25 ans dû voir le film plus de 100 fois ce qui fait en moyenne presque une fois par mois ce qui est loin d'être négligeable. Je n'ai jamais pu expliquer mon attirance pour ce film ni ma volonté de le revoir. En effet, à chaque fois que je le vois, je me perds dans l'histoire et j'oublie que la première et la dernière scène sont les mêmes, montrant Oliver seul et se demandant quoi dire au sujet de sa défunte femme qui a été fauchée trop jeune.
Il y aura bientôt 3 ans est sorti un film dirigé par Christophe Honoré. N'ayant pu le voir au cinéma, la faute à un emploi du temps trop chargé et des conditions de travail loin d'être agréable à cette époque, j'ai attendu impatiemment sa sortie en DVD pour en profiter. "Les Chansons D'Amour" est ainsi devenu le second film qui appartient à la fois aux films qui me touchent énormément et à ceux que je peux voir sans jamais me lasser. Ce film a été conçu en pensant au film musicaux de Jacques Demy, ainsi des passages sont entièrement chantés. Point plus original dans la réalisation, l'histoire est clairement découpée en trois parties distinctes. Enfin dernier point assez original, à la fin de la première partie, certaines scènes ne sont que des photos noir&blanc fixent pendant un certain temps alors que les dialogues/chansons continuent. Cela renforce l'impression d'impuissance que ressent le personnage, joué par Louis Garrel, à ce moment.Ayant fini de visionner "Les chansons D'Amour" pour la n-ième fois, je ne peux que vous le conseiller de même que les autres œuvres dont je parle plus haut. J'en profite pour lancer un appel au secours. Il m'est impossible de trouver le cours métrage d'Artus de Penguern dont j'ai parlé ci-dessus. La copie que je possédais étant une VHS enregistré sur Canal+ il y a de nombreuses années et à présent trop usée, si quelqu'un arrive à me le trouver, je suis preneur.
Si vous le voyez la première fois et ne comprenez pas pourquoi je trouve celui-ci hilarant, avant de me prendre pour un fou, regardez les 2 ou 3 fois de plus et la magie opérera.
